Читать книгу «Oeuvres complètes de André Gide: Romans» онлайн полностью📖 — Андре Жида — MyBook.

Aujourd'hui je lui ai parlé : je lui ai dit mes rêves radieux et mes superbes espérances. Aujourd'hui j'ai compris qu'elle m'aimait encore. Je suis heureux !... qu'écrirais-je ?

J'écris, car j'ai peur d'oublier.

Et tout cela n'est déjà plus que dans mon souvenir...

Mais peut-être que le souvenir des choses anciennes, au-delà du tombeau, subsiste encore. »

C'était dans une misérable chambre ; de pauvres gens pleuraient leur enfant mort (7 février 87). J'étais venu sans le lui dire – pour qu'elle ne le sache qu'après. Je leur apportais quelque argent ; j'aurais voulu les consoler. Je m'efforçais de leur parler, mais je m'embarrassais d'idées trop hautes ; ma tristesse à les voir certes était sincère, mais je la sentais si différente ; je ne sais pas me faire humble. Je n'osais leur parler du ciel, n'y croyant pas assez moi-même ; je restais indécis, gêné, bien que mon cœur débordât. – Mais voilà que la porte s'ouvre : Emmanuèle entre. – « Toi ? Emmanuèle ! » – Elle passe devant moi sans s'étonner, comme sans me voir. La voici près du lit où l'enfant repose ; elle regarde sa figure pâlie et je vois ses yeux s'emplir de larmes. – Je m'approche alors, et de ma main je cherche à saisir la sienne. – « Laisse », fait-elle, en me repoussant. Puis, s'étant mise à genoux, elle prie à voix haute une prière très triste ; moi, reculé dans l'ombre, je me sentais si humble !... Puis elle s'en va : je l'accompagne. Et, tout en marchant, j'attendais toujours quelques mots sur notre rencontre surprise, mais son émotion trop forte ne la laissait pas s'étonner ; – seulement, et comme pour expliquer la brusquerie de son départ, ou plutôt gênée du silence : – « Laissons-les, me dit-elle ; il est bon qu'ils s'affligent. Ne les consolons pas encore ; les consolations ne seraient pas sincères. L'espérance leur sera meilleure quand ils auront pleuré. – Il faudra revenir ; – on ne se dégage pas d'un bienfait commencé ; c'est une obligation : il faut aller jusqu'au bout... » – Mais, sitôt rentrés, posant son front sur ma joue, elle me dit tout bas : « Mon frère ». Son émotion maintenant débordait : comme elle relevait les yeux je la vis toute pleurante ; – pour moi, je défaillais de tendresse, mais l'aveu de sa frêle faiblesse voulait que je sois fort.

Je lui demandai, l'osant à peine, car nous avions tous deux une pudeur exagérée pour ces sortes de choses, je lui demandai de retourner là-bas ensemble. – Elle y fut admirable de douceur, de patience et de zèle, – et ne s'occupait pas de moi ; je ne m'occupais guère que d'elle, m'évertuant à l'action pour qu'un sourire me récompense... Pourtant cela ne dura pas ; elle me dit une fois : « Prends garde ! c'est pour moi, plus que pour eux, que tu t'agites. » D'ailleurs, pour un nouveau temps, je fus séparé d'elle.

§ Providence : toute leur vie est basée sur une hypothèse ; s'il leur était prouvé qu'ils s'abusent, ils n'auraient plus leur raison d'être. Mais qui le leur prouverait ? Ils ne sauront jamais s'ils ont eu tort de croire. S'il n'y a rien, ils ne s'apercevront de rien. – En attendant, ils croient ; ils sont heureux ou se consolent d'espérances. L'âme qui doute est éperdue.

§ « Philosopher ? – Quelle arrogance ! Mais avec quoi philosopher ? la raison ? Mais qui nous en garantit la justesse ? d'où vient l'autorité qu'on lui accorde ? Notre seule assurance serait de la croire donnée par un Dieu providentiel, – mais, ce Dieu, cette raison le nie.

Si nous la prétendons née seule, par une lente tranformation, une successive adaptation aux phénomènes, elle pourra bien discuter les phénomènes, mais au-delà ?...

Si même nous la reconnaissons venue de Dieu, rien encore n'en garantit la justesse.

Nous ne pouvons qu'opiner. L'affirmation est coupable : elle veut s'imposer et saccage autour d'elle. – Étroits esprits de croire que leur vérité est la seule ! La vérité est multiple, infinie, nombreuse autant que les esprits pour y croire ; – et aucunes ne se nient que dans l'esprit de l'homme. »

§ « Tous ont raison. Les choses DEVIENNENT vraies ; il suffit qu'on les pense. – C'est en nous qu'est la réalité ; notre esprit crée ses Vérités. Et la meilleure ne sera pas celle que la raison surtout approuve : les sentiments mènent l'homme et non pas les idées. On reconnaît l'arbre à ses fruits ; – la doctrine à ce qu'elle suggère.

La meilleure sera celle qui dira les mots d'amour pour que l'homme avec joie se dévoue ; qui soutiendra dans l'amertume par la vision des félicités promises à ceux qui pleurent ; qui nommera la douleur épreuve, et fera que l'âme malgré tout espère ; la meilleure sera celle qui le plus console : Seigneur ! à qui irions-nous ? tu as les paroles de la vie éternelle !

Et la raison se moquera ; mais, malgré que la philosophie proteste, le cœur aura toujours besoin de croire. »

« ΣΥΜΠΑθΕΙΝ – souffrir ensemble ; vibrer ensemble. L'imagination, c'est la toute puissante ; même pour l'émotion du cœur : car ce qui fait le cœur charitable, c'est la puissance d'imaginer les douleurs d'autrui en soi, de les faire siennes. La vie de l'âme en est ainsi multipliée. Puis la douleur s'allège à se sentir compatie.

Le cœur frémissant aux émotions de tous, et malgré l'espace ou le temps ; cela, volontairement quoique spontanément ; Voilà ce qu'il faut. »

Lire à haute voix, les soirs d'automne ; eux rassemblés entre le foyer et la lampe. Ainsi ce fut Hoffmann et Tourgueneff.

Tous écoutaient, mais ma voix avait des inflexions pour toi seule : je te lisais par-dessus eux.

Nous apprenions ensemble l'allemand, bien que le sachant déjà ; mais les leçons nous étaient un prétexte de lire, et penchés sur le même livre, pour traduire, nous amusions nos esprits aux subtilités rhétoriques des équivalences.

Ainsi nous connûmes die Braut von Messina, die Heimkehr, die Nordsee.

L'allemand a des allitérations chuchotées qui mieux que les français disaient les songeries embrumées.

Un soir qu'il pleuvait et que tous rassemblés avions déjà longtemps causé – « André, si tu lisais un peu », me dit V***. Je commençai l'Expiation qu'Elle ne connaissait pas.

C'est bien une des choses les plus douces : par l'inflexion subtile des paroles lues, fait affluer dans l'âme amie les enthousiasmes dont déborde la sienne. ΣΥΜΠΑθΕΙΝ : se passionner ensemble.

Je ne te voyais pas ; tu t'étais assise dans l'ombre ; pourtant j'ai senti ton regard lorsque je lus :

« Et leur âme chantait dans les clairons d'airain. »

Le sommeil se couchait ; l'ombre du crépuscule envahissait la salle. N'y voyant plus assez pour lire, je fermai le livre et récitai :

« Pas un ne recula. Dormez, morts héroïques !... »

Quand on nous apporta la lampe, il nous sembla nous éveiller d'un rêve. –

« Écoute, suis-moi bien, te disais-je...

C'était quelque problème ardu de métaphysique allemande qui m'avait inquiété longtemps et que je voulais t'exposer. – Sous l'effort de la pensée pourchassée, je voyais sur ton front se plisser des rides ; mais les obstacles déjà franchis m'excitaient à poursuivre et je continuais de parler quand même. J'aurais voulu que dans tous les sentiers nos esprits cheminassent ensemble ; je souffrais de connaître sans toi ; il me fallait te sentir là ; je tressaillais de tes admirations plus que des miennes. Pourtant c'étaient des sphères trop raréfiées ; ton esprit y battait de l'aile et se lassait.

Je souffrais beaucoup de ces choses : quand tu n'étais pas là et que l'émotion trop grande me forçait de parler, ma mère qui n'avait pas ta bénévole patience s'ennuyait vite de mes discours ; bientôt je la sentais distraite, alors je me taisais et mon âme reployée frissonnait de sa solitude.

J'étais enfant alors ; je ne comprenais pas que l'esprit, ce n'est rien, et qu'il passe, – et que l'âme demeure encore qu'il a passé.

L'esprit change, il s'affaiblit ; il passe, l'âme demeure.

Ils demanderont ce que c'est l'âme ?

L'ÂME, c'est en nous LA VOLONTÉ AIMANTE.

Nous disions encore « frère » et « sœur », mais c'était avec un sourire ; notre cœur ne s'y trompait plus. Pourtant tu voulais t'abuser toi-même ; craignant qu'elle n'allât trop loin, tu pensais distraire ton inquiétude commençante en la leurrant d'un mot reconnu ; tu pensais peut-être que le mot entraînerait la chose et qu'en nous appelant toujours frères, la fraternité seule serait. Mais, malgré toi, malgré nous, aux noms fraternels s'immisçaient des inflexions étrangères ; leur intimité devenait plus douce et plus secrète, dits tout bas l'un à l'autre. Lorsque tu me disais « mon frère » et que je répondais « sœurette » notre cœur tressaillait aux involontaires tendresses de la voix amicale.

Les longues journées d'automne, – la pluie dehors, rassemblés près du feu ; – la lecture absorbée durant de longues heures...

et toi, par dessus mon épaule penchée, parfois tu venais lire.

Je lisais L'Âne d'or, lorsque tu vins comme si souvent lire par dessus mon épaule. – « Ceci n'est pas pour toi, sœurette », te dis-je en t'écartant. – « Alors pourquoi le lis-tu ? »

Tu souriais un peu moqueuse, – et je fermai mon livre.

... les jeux en commun des premières années, les paysages vus, les longs entretiens, les lectures, quand tout est inconnu et qu'on découvre ensemble...

qui ne sont rien pour d'autres, mais nous ont formés peu à peu, c'est pourquoi si pareils... –

un étranger, Emmanuèle ?

Le souvenir des morts aimés, l'aurait-il ?

O qu'il ne les ait pas connus ! ô qu'il n'ait pas vu leur sourire ! Quand tu voudras parler d'eux, il ne comprendra pas ; – alors tu te tairas, te sentant seule. –

(à faire).

Je ne sais plus ni où, ni quand : c'était en rêve.

Une nuit que je pleurais sur nous deux, voici, – ton ombre amie est venue près de moi, et ta main sur mon front posée, au reflet de ton doux sourire.

Mais comme encore je pleurais : « Pourtant !... si tu voulais, André ?... » dis-tu sans que tes lèvres remuent ; et ton sourire illuminait mon âme.

En mon âme j'ai gardé la musique de tes paroles, et, sur mon front, le souvenir de ta fraîche caresse.

28 mai.

Ces trois derniers jours, j'ai relu tes lettres ; je les ai toutes gardées. – Elles te feraient bien mal connaître ; si elles étaient le seul souvenir que j'aie gardé de toi, je te verrais moqueuse, un peu perfide, sans cesse te dérobant, tentant de t'écarter de moi. Ton esprit en chassait ton âme.

Parfois pourtant, tout à coup, elle clamait à moi, et c'était alors si plaintive, comme une emprisonnée : – « Ne me retire pas, je t'en prie, disait-elle, ton affection, mon frère ; je la préfère à tout le reste. » – Et plus tard, après une séparation : « Je ne puis me faire à l'idée de la vie sans toi » – d'autres encore. – C'étaient de fugitives tendresses ; l'esprit les rudoyait bien vite, et, dans la lettre suivante, avec toute ton ironie tu te moquais de toi-même, et de moi, si je t'avais crue.

– C'est que, loin de moi, de nouveau ton esprit dominait ton âme.

§ Oui, parfois elle s'échappait, ton âme ; et, lorsqu'elle parlait alors, son ardeur m'étonnait moi-même. Je doutais parfois de ta tendresse, car tu t'en refusais à toi-même l'aveu ; je pensais t'aimer beaucoup plus.

Une veille de départ, où nous devions nous quitter pour longtemps, je te dis ces choses en me lamentant, autant sincèrement que pour savoir, – car rien ne m'assurait de toi qu'une bien fragile espérance et, dans le doute, je craignais tout de cette absence ; – mais toi, lasse enfin du silence : « Ah ! t'écrias-tu, tout en larmes, – jamais, André, tu ne sauras combien je t'aimais ! »

§ Ton esprit despote et rétif. – Il te voulait dominatrice. Tu regimbais aux moqueries : ô la moue de tes lèvres levées ! il me fallait vite obéir, ou bien tu t'écartais de moi : c'était le silence jusqu'à ma soumission. Tu savais que je te reviendrais toujours : Voilà ce qui te faisait forte ; je n'étais pas si sûr de toi ; je cédais vite. – Puis, se réconcilier après était si doux ; l'on se retrouvait davantage ; et l'âme aimait plus loin encore, après que nous l'avions retenue.

Ton esprit ! Je l'accuserai, car il m'irrite ; c'est ton esprit que je connais le mieux, et pourtant, si peu que ce soit, il n'est pas en nous deux semblable. Tu crains d'admirer sans juger ; tu voudrais garder ta raison droite ; l'excessif t'effraie, – il m'attire. Je t'en veux de n'avoir pas frémi devant l'immensité de Luther ; alors je t'ai sentie femme et j'en ai souffert. Tu comprends trop les choses et ne les aimes pas assez. – Et nos âmes, au contraire, que je pressens tant semblables, elles ne peuvent pas se connaître !...

J'écrivais à Pierre :

... « Mais laissez-les donc croire : de quel droit leur arracher les félicités de la foi ? Que leur donnerez-vous en échange ? Ils ont cent fois raison, même encore s'ils se trompent. Croire que l'on possède est aussi doux que posséder... et toutes les possessions ne sont-elles pas chimériques ? Un mirage d'éternité les hallucine, et l'espérance les soulève. S'il n'y a rien après la vie, qui reviendrait pour le leur dire ? eux-mêmes, sitôt morts, ne s'apercevront pas du néant ; ils ne sauront jamais s'ils n'ont pas eu la vie éternelle. Mais il faut que maintenant rien ne trouble leur certitude : c'est leur condition de bonheur. »

Je me souviens que je lui montrai ces lignes : – « O André ! s'écria-t-elle, mais si cela était comme tu dis, la foi serait une duperie ; la vérité seule est digne qu'on la croie, même lorsqu'elle serait désespérante. J'aime mieux souffrir de ne pas croire que de croire à un mensonge. » – Ah ! protestante !

Ta pensée haute et calme a des sérénités trop pacifiques. Le reposement de ta foi me tourmente : je voudrais qu'elle eût chancelé. O que ton âme eût crié dans le vide ! la mienne aurait été moins égarée, te sachant encore sa compagne ; elle se fût sentie compatie. Peut-être en serais-tu moins hautaine. Mais tu m'apparais toute droite, et, pour me regarder, tes yeux s'abaissent.

Puis, un jour, nous lisions Spinoza, – ah ! ces souvenirs me fatiguent, – et nous admirions sa divine ordonnance. Je te dis : « Cela ne te trouble pas, Emmanuèle, cette lecture inorthodoxe ? » – « O ! dis-tu, tous les doutes sont dans l'esprit ; ce n'est pas une lecture qui pourrait les faire naître ! »

– Ta petite âme ! qui la pourrait connaître ?

Nos esprits se connaissaient tout entiers, n'avaient plus l'un pour l'autre de mystère. Nous savions toutes nos pensées avant de les avoir parlées et comment l'autre allait les dire. J'en jouais : quand nous causions, je surprenais le mot à venir sur tes lèvres, et je te le dérobais avant qu'elles ne se fussent ouvertes. Au delà, l'âme était tout autant inconnue... Elle s'élançait après l'autre, mais se leurrait sans cesse, détournée par la poursuite des pensées qui se succédaient chez tous les deux pareilles, prise au charme de l'illusoire similitude : l'âme n'était pas là ; c'était l'esprit frivole. – Comme celui de la légende, amoureux de l'Ondine, qui, la pourchassant quelque soir, a cru voir son image changeante en la folle flamme qui flotte au-dessus des étangs, séduit par le prestige mobile, s'élance et pleure que le fantôme s'effrite en ses doigts désillusionnés.

(L'âme se retirait derrière les pensées ; et, quand l'amie s'élançait, elle glissait sur des surfaces lisses. La pente des pensées était si attirante et leur enchaînement si facile : sans cesse elle était attirée à la poursuite plus aisée des pensées qui se succédaient chez tous les deux pareilles.)

§ Nous aimions à nous perdre ensemble en les plus lointains souvenirs ; par des associations ténues, par-dessus le temps et l'espace, par des rapports inattendus, un mot suffisait à lever tant de rêves. Car ce n'était pas le mot seul ; pour nous, il avait sa légende et la même ; il évoquait bien des émois passés, des lectures, et quand nous l'avions dit, et quand nous l'avions lu : – ce n'était jamais le mot seul, c'était un rappel d'autrefois. C'est pour cela que nous nous plaisions tant à citer les poètes, non point que nous sentions au travers d'eux, mais eux surtout rappelaient tant de choses !

Puis un mot bien souvent voulait dire une phrase, connue de nous seuls, entendue par nous seuls, – ce n'était qu'un mot pour les autres. Un mot c'était un commencement de vers, ou de pensée : l'autre achevait. Ainsi quand nous sortions le soir autour de la maison, je commençais :

« Entends ! ma chère...

Et toi tu comprenais :

Entends la douce nuit qui marche. »

§ Puis cela devenait une fatigue, une obsession enfin, de toujours épier cette pensée amie et de la découvrir, malgré pourtant qu'on la sache la même... d'avance. Nous ne pensions plus, nous regardions penser l'autre, et c'était même chose. Mais, malgré soi, le besoin tourmentait de se prouver cette similitude, de sorte que l'un disait à l'autre sa pensée quoiqu'il eût aussi bien pu se taire et la dire muettement.

Nous prévoyions venir les phrases ; nous nous les dérobions avant qu'elles ne fussent dites, sur nos lèvres prêtes à parler, – et l'attente seule d'une pensée chez l'autre, la faisait parfois naître chez tous les deux la même.

Les soirs d'été, c'était avec Chopin, Baudelaire...

« Ce soir, la lune rêve avec plus de paresse. »... « Comme tu me plairais, ô nuit ! sans tes étoiles »...

Mais le vers inachevé retombait de nos lèvres lassées, pour laisser chanter le regard qui mieux disait nos tendresses vivaces et toujours désireuses.