Читать книгу «Oeuvres complètes de André Gide: Romans» онлайн полностью📖 — Андре Жида — MyBook.

Le matin tu vaquais aux soins du ménage ; je voyais ton tablier clair circuler dans les longs couloirs ; je t'attendais sur l'escalier, aux portes de la cuisine ; j'aimais t'aider et te voir diligente ; nous montions dans la lingerie si grande – et parfois, tandis que tu rangeais le linge, je t'y poursuivais d'une lecture commencée.

Je t'appelais alors « Marthe », parce que tu t'agitais pour bien des choses.

Mais, le soir, c'était « Marie » de nouveau ; ton âme après les soins du jour redevenait contemplative.

... On t'avait fait habiter la chambre de Lucie. Il semblait que la chère morte ne l'eût pas quittée tout entière. Quand tu vins, les choses d'elle autrefois parurent la reconnaître et revivre. Je revoyais tout : et la table et les livres, – l'obscur des grands rideaux sur le lit et la chaise où je venais lire, – le vase avec les fleurs que je t'avais cueillies... Au milieu de tout cela, tu vivais d'une vie comme passée déjà et ancienne : sa mémoire partout éparse autour de toi te faisait plus pensive. Le soir, je retrouvais son profil disparu dans l'ombre de ta tête penchée, – ta voix, quand tu parlais, me faisait souvenir. Et bientôt votre mémoire à toutes deux se confondait indécise.

Ils étaient confiants en nous et nous l'étions l'un dans l'autre ; nos chambres étaient voisines. – Te souviens-tu de ce beau soir où je suis venu te retrouver après que nous les avions quittés pour dormir ?

(Août 87.)

« Tout dort autour de nous et par la fenêtre grande ouverte aux étoiles, dans le repos de cette nuit d'été, nous viennent bien parfois quelques chants tristes d'oiseau nocturne ou le frémissement des feuilles mouillées quand un souffle les agite, si doucement qu'on croit un murmure d'amour.

Nous sommes seuls tous deux dans ta chambre, éperdus de tendresse et de fièvre. Dans la caresse de l'air, l'odeur des foins, des tilleuls, des roses ; dans le mystère de l'heure, dans le calme de la nuit, quelque chose d'ineffable fait que les larmes coulent et que l'âme veut s'échapper du corps, s'évanouir dans un baiser.

L'un contre l'autre, si près qu'un même frisson nous enveloppe, chanter la nuit de mai avec des mots extraordinaires, puis, quand toute parole s'est tue, rester longtemps, croyant cette nuit infinie, les yeux fixés sur une même étoile, laissant sur nos joues approchées nos larmes se mêler, et se confondre nos âmes en un immatériel baiser. »

Plus tôt levés que les autres, nous courions vite au bois, quand le temps était clair. Il frissonnait sous la rosée fraîche. L'herbe étincelait aux rayons obliques ; dans la vallée que des brumes encore faisaient plus profonde et comme irréelle, c'était un ravissement. Tout s'éveillait, chantait aux heures nouvelles : l'âme adorait confusément.

Excités peu à peu par l'ivresse de ces choses, nous voulûmes voir le lever des soleils ; c'était folie, car les jours étaient longs. Je venais le matin, dès l'aube, frapper doucement à ta porte ; ton sommeil était léger ; tu te levais, t'apprêtais hâtive. Mais la maison dormait encore, toutes les portes étaient closes ; nous ne pouvions sortir. – Alors, dans ta chambre, la fenêtre ouverte à la fraîcheur limpide, transis un peu quoique l'un près de l'autre serrés, nous regardions longuement pâlir les dernières étoiles et se colorer les brumes. Puis, quand les teintes s'étaient faites lumières, leur empourprement accompli, aux premiers rayons, nous retournions dormir, étourdis d'un vertige de joie, la tête un peu lassée, vide et comme sonore des chansons matinales.

Mardi.

Multiplier les émotions. Ne pas s'enfermer en sa seule vie, en son seul corps ; faire son âme hôtesse de plusieurs. Savoir qu'elle frémisse aux émotions d'autrui comme aux siennes ; elle oubliera ses douleurs propres en cessant de se contempler seule. La vie du dehors n'est pas assez violente ; de plus âpres frémissements sont dans les enthousiasmes intimes. Que l'admiration la soulève ; plus altière elle sera et plus les vibrations larges. Les chimères plutôt que les réalités ; les imaginations des poètes font mieux saillir la vérité idéale, cachée derrière l'apparence des choses.

Que jamais l'âme ne retombe inactive ; il la faut repaître d'enthousiasmes.

(1887.)

« Plan de conduite.

Liberté : la raison la nie. – Quand même elle ne serait pas, encore faudrait-il y croire.

Les influences certes nous modèlent : il les faut donc discerner.

Que la volonté partout domine : se faire tel que l'on se veut. Choisissons les influences.

Que tout me soit une éducation. »

(3 juin 87.)

« Je voudrais parler de bien des choses ; mais toutes se pressent ensemble. Je voulais fixer un peu ma symbolique qui se dessine ;... puis cette vision dans Notre-Dame, à travers les grilles du maître-autel, d'enfants de chœur en surplis blancs, à la lueur des lampes : tous chantaient, des chants clairs ; l'impression de chœur d'anges ; – une chute en mineur obstinément répétée, inattendue toujours, montait jusqu'à la voûte... – et je voulais parler aussi, ... mais ma pensée ondule incertaine, bercée sur les sonorités récentes d'un quatuor entendu. – J'écris parce que la poésie déborde de mon âme, – et les mots n'en sauraient rien dire : l'émotion plane sur la pensée ; – l'harmonie seule...

alors des mots, des mots sans suite, des phrases frémissantes, quelque chose comme de la musique.

Il est minuit ; j'ai sommeil, mais je ne pourrai pas dormir : je me consume d'amour. Tout dort autour de moi ; – je suis seul et je pleure. L'air est tiède ; dehors il pleut, une pluie de printemps qui féconde toute la nature. Et ce chant de violoncelle, dont je me souviens dans la nuit, alanguit mon délire, berce, apaise et console ; la pensée s'endort reposée : douleur, folie, amour, extase !...

... Résigne-toi, mon âme ; pleure et prie très longtemps par cette douce nuit qui t'enivre.

Pleure et résigne-toi, mon âme, prie ! »

.....

(1887,)

« ... Ou de la chair qui se déguise. On la trouve partout, l'impure ! elle se revêt spécieusement.

Certes, quand on songe à ce qui fait la poésie..., quelle poussée de désirs ! et les nerfs si vibrants au charme des couleurs à cause d'un peu de fluide épars dans l'être ;... ah ! quelle prose ! quelle sale prose au fond de tout cela.

Pourtant, c'est ce qui fait la fleur, suprême poésie de la plante... et les pétales diaprés se déploient sous les étamines dressées, comme un lit somptueux des amours inconscientes. O l'inconscience du poète ! – aveuglement ! croire à la muse inspiratrice quand c'est la puberté qui l'inquiète ; puis se promener par les nuits claires avec l'illusion qu'on chante à l'idéal... et, quand le vers ne vient pas, donner cours au flot de poésie qui l'oppresse dans d'amoureux ébats entre les bras d'une courtisane. – Certes, le dérivatif est sublime ! – O pourtant ! ce qui fait que l'homme se croit Dieu ! – Les belles nuits claires alors... une action réflexe que les vers (Musset)... Les chiens aussi aboient après les clairs de lune !

§ Ce qui est pur et ce qui souille – nous ne le pouvons savoir ; la connexion des deux essences, si subtile ; leurs causes, si mutuellement mélangées ; – tant l'ébranlement de l'une retentit en l'autre. L'abondance du sang fait le cœur généreux : si Swift avait connu l'amour, peut-être il aurait écrit des cantiques... Et tu me dis, ami. qu'il ne faut pas se soucier du corps, mais bien le laisser paître aux lieux qu'il convoite ; – mais la chair corrompt l'âme, une fois corrompue ! on ne peut mettre du vin pur en des vaisseaux qui se pourrissent ! La chair fait l'âme à soi, si l'âme ne la domine d'abord ; – il faut qu'elle se l'asservisse.

– Alors romantique parce que mon sang bouillonne... Tant pis ! l'illusion de l'idéal est bonne et je la veux garder. »

(Poubazlanec, sept. 87.)

« Ton conseil est admirable, ô Ar***. – Et ta doctrine ! « Dégager l'âme en donnant au corps ce qu'il demande ! » dis-tu ; – et tu m'estimerais plus lorsque je l'aurais fait... Mais, ami, il faudrait que le corps demande des choses possibles ; si je lui donnais ce qu'il demande, tu crierais le premier au scandale ; – et pourrais-je le satisfaire ?

Admirable, ta quiétude ! tu t'es dit : à quoi bon la lutte ? il ne faut pas que l'âme s'épuise en des combats indignes d'elle, – et, te soumettant d'avance, tu t'es épargné le combat. – Mais ne sais-tu donc pas que la gangrène de la chair attaque l'âme ? – Pour moi, je n'ai pas un désir que toute mon âme n'en soit ébranlée.

§ Et tu te donnes en exemple. – Certes, je t'admire : ta philosophie est grande, et tu prends la vie comme elle finira peut-être par me prendre ; – mais ce que je ne t'ai pas dit, ce que tu ne sauras pas. de peur que ton aimable calme ne s'en trouble, c'est le grand effondrement de mes rêves, quand tu m'as conté tout cela, la désillusion sur toi-même ; – ah ! je te croyais plus altier... Et des larmes sur mon orgueil blessé, dont, pour la première fois, je soupçonnais la vanité ; un écœurement, oui jusqu'à la nausée, en regardant la vie, la vie qu'il fallait vivre. – J'aime mieux mon rêve, – mon rêve !...

Tu souriais en disant ces choses, je souriais en les écoutant, mais je ne comprenais plus tes paroles ; une seule pensée grisait mon cœur de larmes : il est retourné près de cette fille, et elle ne l'a pas reconnu ! – Pas reconnu, Seigneur, est-ce possible ?... mon âme en a pleuré toute la nuit. – A quoi bon cette tristesse ? Ces choses-là devaient être. Pourquoi l'aurait-elle reconnu ? Elle en avait tant vu depuis, – puis, malgré soi, le souvenir des traits s'efface. – Il t'avait tout donné pourtant ! Le savais-tu seulement ? Avait-il osé te le dire ? – Que cela est lugubre, lugubre ! Ah fi ! si c'est là la vie qu'il faut vivre...

J'aime mieux mon rêve, Seigneur ! j'aime mieux mon rêve. »

(Juillet 87.)

« J'en hais jusqu'à l'approche, et ces mots sifflés à l'oreille, intonations triviales ou subtiles, voix de goules et ou de sirènes ; je les hais ! je les hais tout entières. – Et, quand je marche dans la rue, je quitte les trottoirs, je cours hâtif sur les pavés ; je les vois de loin qui se retournent, vont et viennent... et leurs gestes, leurs propos soupçonnés m'intriguent malgré tout ; – j'aimerais savoir...

C'était il y a deux ans. pour la première fois et l'unique d'ailleurs, car maintenant je suis attentif et je marche loin d'elles, – une chantait un refrain triste ; un peu moqueur, mais tendrement, et d'une voix si frêle, alanguie... Comme je passais auprès d'elle, elle s'est retournée. avec un geste, sans cesser de chanter. – C'était la première fois, une première nuit de printemps ; l'air était si tiède et la mélodie énervante... les larmes me sont jaillies des yeux ; malgré moi. je me suis écarté, j'ai pris le large. Elle a ri très haut ; une autre qui rôdait auprès s'est écriée : « Faut pas avoir peur comme ça, mon joli garçon !... » L'émotion était si violente que j'ai pensé m'évanouir ; le sang m'est monté au visage ; une rougeur de honte, de honte pour elles ; – l'impression d'une souillure, rien que d'avoir entendu leurs paroles. Mes tempes battaient, mes yeux se brouillaient pleins de larmes : je me suis enfui.

Mais je me souviendrai, par cette nuit de printemps affolante et si tiède, de cette ombre chantante aux reflets du gaz et sous les marronniers fleuris ; puis cet éclat de rire, aigu comme une chose qui se brise ; – et les larmes que j'ai pleurées. Oui, je m'en souviendrai toujours ; c'était une extraordinaire poésie !

J'écris ces choses ce soir parce que la saison est la même, que l'air est aussi tiède et que tout m'aide à me souvenir. J'avais joué le scherzo de Chopin que je me rappelle encore, puis j'ai couru dans la campagne, grisé de sonorités, d'harmonies. Le ciel était sans lune, mais clair d'étoiles ; quoiqu'il n'y eût pas de nuages, la pluie s'est mise à tomber, une pluie tiède, presque une rosée ; –

Et le parfum est monté dans l'air, de la poussière d'été qui se mouille. »

Vendredi.

Comme j'y pensais encore, obsédé, malgré moi, j'ai rêvé cette nuit que je suivais un chemin bordé d'ombres, où des deux côtés se tordaient des couples nus, embrassés ; je ne voyais pas les corps mêmes, mais je soupçonnais les étreintes. Un grand vertige m'a pris, et, pour ne pas chanceler, je marchais au milieu du chemin, seul et très droit, les yeux levés pour ne rien voir, les bras dressés au-dessus de ma tête. Au ciel luisaient quelques étoiles. J'entendais les baisers dans l'ombre.

Je lisais dans L'APOCALYPSE les paroles aux mystérieuses promesses :

Tu as près de toi quelques hommes qui n'ont pas sali leurs vêtements ; ils marcheront en vêtements blancs parce qu'ils en ont été jugés dignes. Celui qui vaincra, je le vêtirai de vêtements blancs. A celui qui vaincra, je donnerai de la manne cachée,un caillou blanc sur lequel est inscrit un nom qu'aucun autre n'aura pu connaître...

Alors je méditais et je faisais des résolutions vertueuses.

Mes rêves étaient superbes ; j'écrivais :

(Mars. 1886,)

« Je voudrais à vingt et un ans, à l'âge où la passion se déchaîne, la dompter par un labeur forcené et grisant. Je voudrais, tandis que les autres courent les plaisirs, les fêtes et les débauches faciles, goûter les voluptés farouches de la vie monastique. Seul, absolument seul, ou peut-être entouré de quelques blancs chartreux, de quelques ascètes ; retiré dans une agreste chartreuse, en pleine campagne, dans un pays sublime et sévère. Je voudrais une cellule nue : coucher sur une planche, un oreiller de crin sous la tête ; auprès, un prie-Dieu, simple. énorme ; sur le support, la Bible toujours ouverte ; au-dessus, une lampe toujours allumée ; – et dans l'insomnie, trouver des extases violentes, éperdument penché sur un verset, dans la nuit enveloppante, effrayante. – Aucun bruit. que peut-être parfois les grandes clameurs des montagnes, les voix lugubres des glaciers, ou les cantiques de minuit chantés sur une seule note par les chartreux qui veillent.

Vivre profondément sans plus que le temps vous poursuive. Manger quand j'aurais faim ; dormir n'importe quand, – alors que j'aurais fait ma tâche. Je porterais le manteau blanc, la cuculle et les sandales. Dans ma cellule, une table de chêne, immense, et dessus, tout ouverts, des livres. Un grand lutrin pour travailler debout ; dessus, un livre ouvert, Au-dessus du lit, des livres rangés. Je lirais la Bible, les Védas, Dante, Spinoza, Rabelais, les Stoïques ; j'apprendrais le grec, l'hébreu, l'italien ; – et ma pensée se sentirait orgueilleusement vivre. Des débauches de science, d'où l'esprit sortirait stupéfié, brisé, comme Jacob de sa lutte avec l'Ange, mais comme lui vainqueur. Et, quand la chair exaspérée regimberait à cette gêne dans un sursaut de désirs, – alors, la discipline fouaillant le corps et qui se taira bien sous la douleur ! – Ou bien, dans la montagne, une course insensée, par-delà les rochers jusqu'aux neiges, et que la chair haletante en eût crié merci : épuisée, vaincue..., ou peut-être dans la neige profonde se plonger, – et trouver dans ce contact glacé comme un frisson extraordinaire. »

§ Quand j'étais enfant, très jeune, dans l'ignorance des choses pourtant entrevues : – « Plus tard, pensais-je, plus tard je n'aurai pas de maîtresses ; mes amours tout entières iront vers l'harmonie. » Je rêvais des nuits d'amour devant l'orgue ; la mélodie m'apparaissait, presque palpable fiction, comme une Béatrice nuageuse

« fior gittando sopra e d'interno »

comme une Dame élue, immatériellement pure, à la robe traînante aux reflets de saphir, aux replis profonds azurés, aux lueurs pâles, aux formes lentes, musicales. J'espérais qu'elle prendrait toutes mes tendresses. J'étais enfant, je ne pensais qu'à l'âme ; déjà je vivais dans le rêve ; mon âme se libérait du corps ; et c'était exquis, ce rêve des choses meilleures. Puis je les ai tant séparés que maintenant je n'en suis plus le maître ; ils vont chacun de leur côté, le corps et l'âme ; elle, rêve des caresses toujours plus chastes ; lui, s'abandonne à la dérive.

La sagesse voudrait qu'on les mène ensemble, qu'on fasse converger leurs poursuites, et que l'âme ne cherche pas de trop lointaines amours où le corps ne participe.

« Ils ne plaignent pas : ils accusent. Ils n'expliquent pas : ils condamnent. Ce qu'ils ne comprendront jamais, ce sont les luttes pour CROIRE, ces impossibilités parfois, quand pourtant quelque peu de raison proteste encore. Ils s'imaginent qu'il suffit de vouloir !, .. et le plus admirable, c'est qu'ils pensent croire avec leur raison. Ce qui surtout m'égare, c'est la fausse religion ; la bigoterie et le mysticisme factice me font parfois douter qu'il y en ait une vraie. Ils ne se doutent pas, les bigots, de tout le mal que leur exemple peut faire à ceux qui sont vraiment altérés du vrai Dieu ; ils ne se doutent pas, dans leur quiétude, qu'ils sont souvent eux-mêmes un objet de scandale... »

(Minuit, 30 déc. 87.)

« Écrire... quoi ? – Je suis heureux.

J'ai peur d'oublier. – J'aimerais qu'au-delà des temps, le souvenir de mon bonheur demeure.

Si l'on pouvait, dans l'ennui de la tombe, revivre incessamment sa vie et sentir doucement, comme dans un songe de la nuit, les amertumes et les joies, mais lointaines, de sorte qu'on n'en souffre pas plus que du souvenir des douleurs. – J'ai peur d'oublier.

Sur ces feuilles je veux fixer, comme on garde des fleurs séchées dont le parfum effacé vous rappelle, je veux fixer les souvenirs de ma jeunesse fuyante, pour que plus tard je me souvienne.